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S’inscrivant dans la continuité de nombreuses réglementations existantes, l’indice de durabilité remet au goût du jour les critères de robustesse et d’évolutivité des produits. Il invite également les industriels à prendre conscience de l’épuisement de certaines ressources naturelles. Décryptage des enjeux par Johanna Gdalia, International Sales Manager Electrical & Electronics et référente RSE Connectivity & Products chez SGS.


Depuis le 1er janvier 2021, la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire (AGEC) impose l’affichage d’un indice de réparabilité à cinq catégories de produits : smartphones, ordinateurs portables, téléviseurs, lave-linges à hublot et tondeuses à gazon électriques. Même si la mesure est d’ores et déjà effective, les acteurs concernés disposent de toute l’année 2021 pour mettre en place cet indice, les contrôles officiels diligentés par la Direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes (DGCCRF) ne commenceront qu’à partir du 1er janvier 2022. En cas de non-respect de la loi, les sanctions pourront aller jusqu’à 15 000 euros d’amende pour une entreprise, 3 000 euros pour une personne physique.

Cet indice doit permettre au consommateur d’être mieux informé sur le produit qu’il achète : est-il facilement réparable ? Les pièces détachées sont-elles disponibles et si oui, à quel prix et dans quel délai ? L’objectif affiché par l’agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) est d’atteindre, d’ici cinq ans, un taux de réparation des produits électriques et électroniques de 60 %.

L’indice de réparabilité devrait rapidement élargir son périmètre à d’autres types de produits. Les aspirateurs, les tablettes numériques, les lave-vaisselles et les nettoyeurs haute pression sont potentiellement concernés. « Nous n’en sommes qu’au stade de la consultation mais un groupe de travail a été créé pour réfléchir à la création d’un indice de réparabilité sur ces nouvelles catégories de produits, avec un déploiement qui aurait lieu avant 2024 », explique Johanna Gdalia, International Sales Manager Electrical & Electronics chez SGS.

Un indice de durabilité dès 2024

À horizon 2024, la loi AGEC prévoit que l’indice de réparabilité se transformera en un indice plus global : l’indice de durabilité. Pour rendre son élaboration possible, deux nouveaux critères seront ajoutés à l’indice de réparabilité : la fiabilité (robustesse) et l’évolutivité des produits.

Définir la durée de vie d’un produit est toujours un processus complexe. On le constate dans les démarches d’écoconception, dans le cadre par exemple des méthodologies d’analyse du cycle de vie (ISO 14040) ou de déclarations environnementales (ISO 14020). « Sur certains produits, nous sommes sur une durée de vie moyenne qui ne correspond pas à la durée d’usage réelle. C’est notamment l’une des limites de ces méthodologies », note Johanna Gdalia.

Autre défi à relever : définir une durabilité commune à tous les types de consommateurs, dans tous les pays européens. « L’indice de durabilité va être difficile à calculer car la durée de vie d’un produit est liée à l’usage. Prenez un lave-linge, par exemple, l’usage ne sera pas le même entre une personne célibataire et une famille avec deux enfants. De même pour une tondeuse. On ne tond pas son gazon de la même manière en France, en Allemagne ou ailleurs en Europe car ce ne sont pas les mêmes pelouses, ni les mêmes conditions climatiques », ajoute l’International Sales Manager Electrical & Electronics de SGS.

L’indice de durabilité, pour être valide et objectif, va donc devoir suivre les traces de son prédécesseur (l’indice de réparabilité) qui, une fois implanté en France, sera harmonisé et étendu au niveau européen.

Robustesse et évolutivité : deux nouveaux critères

Pour passer du périmètre de la réparabilité à celui de durabilité, le nouvel indice s’appuiera tout d’abord sur le critère de la robustesse, très lié à la performance intrinsèque du produit, qu’elle soit mécanique ou électrique. « Ces paramètres d’évaluation ne sont pas nouveaux. Il existe déjà de nombreux référentiels normatifs pour certaines catégories de produits, et même des marques de certification, comme celle que nous portons : SGS Performance Mark », constate Johanna Gdalia.

Suivant les produits, des protocoles d’essais pourront donc être déployés pour évaluer la robustesse à travers la performance mécanique et électrique des composants d’un produit mais aussi du produit fini en lui-même.

L’autre critère pris en compte par l’indice de durabilité est celui de l’évolutivité des produits. L’évolutivité peut en effet fortement réduire l’obsolescence d’un produit, diminuer ses incidences sur l’environnement ainsi que les coûts supportés par les consommateurs. Rien de pire en effet qu’un produit devenant inutile en raison de son incompatibilité avec une nouvelle version d’un firmware ou d’un système d’exploitation. L’évolutivité se mesure également au fait qu’un produit continue d’être utilisable même si certains de ses accessoires évoluent ou si leur disponibilité n’est plus assurée.

Fabricants de produits électriques et électroniques dans les starting-blocks 

La plupart des grands acteurs français spécialisés dans les produits électriques et électroniques sont déjà sensibilisés et préparés aux enjeux de développement durable. Les indices de réparabilité et de durabilité s’inscrivent dans une réglementation abondante : directive DEEE pour la gestion des déchets, Directive ErP pour ce qui est de la réduction des consommations énergétiques et Directive RoHS sur la limitation des substances dangereuses. En 2015, la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte définissait déjà – et sanctionnait - l'obsolescence programmée. « L’indice de durabilité va permettre de mettre tout le monde sur un pied d‘égalité. Il sera possible de comparer les produits sur des critères communs. Toutes les ‘promesses’ marketing vont pouvoir être benchmarkées en fonction d’une grille de notation connue de tous », avance Johanna Gdalia.

Mais, pour les industriels, les enjeux économiques vont bien au-delà de la simple comparaison de leurs produits, en raison notamment de la raréfaction de certains métaux et minéraux. Si ces ressources deviennent de plus en plus difficiles à extraire, voire disparaissent pour certaines, c’est la raison d’être de ces acteurs qui peut être remise en cause. « La plupart des acteurs, confrontés à l’impossibilité de récupérer ou de recycler des pièces détachées, vont devoir repenser certaines étapes de la conception de leurs produits. Leur réflexion va porter sur la manière de donner à ces pièces une durée de vie plus longue. Finalement, c’est l’opportunité pour eux de faire évoluer leur modèle économique et de devenir non plus seulement une entreprise productrice de biens mais aussi un fournisseur de services à destination des consommateurs », affirme l’International Sales Manager Electrical & Electronics de SGS.

Le défi pour ces entreprises sera donc de fidéliser les consommateurs sur des enjeux autres que le simple cycle de vie des produits achetés. « Ce sera une façon différente de penser l’économie et la consommation. Les grands acteurs français vont s’orienter vers la partie services qui intégrera des capacités de réparation mais aussi d’assurance du produit. Cela prendra corps dans le cadre de garanties, qui seront peut-être plus chères, mais dans lesquelles les consommateurs disposeront de multiples services qui les fidéliseront », assure Johanna Gdalia.

SGS, un acteur pour la durabilité

Quelle que soit leur taille, SGS accompagne les acteurs du domaine dans la production de produits électriques et électroniques à différents niveaux. Tout d’abord sur l’aspect formation, afin de les aider à décrypter l’indice de réparabilité et les accompagner dans chacune des étapes du processus. SGS propose également de la vérification, une fois qu’une note a été établie par un fabricant. SGS se positionne aussi sur l’accompagnement technique, en tant que tiers de confiance, pour aider les industriels à améliorer leur indice de réparabilité.

Quant à l’indice de durabilité, très lié à la performance, SGS conseille ses clients très en amont, au stade de la R&D. « Nous disposons déjà de nos propres protocoles d‘essais. Ils permettent d’évaluer la performance et la durée de vie des produits déjà concernés par l’indice de réparabilité et qui, demain, seront concernés par l’indice de durabilité », note Johanna Gdalia.

L’accompagnement proposé par SGS s’inscrit pleinement dans la démarche d’écoconception et d’analyse du cycle de vie. « Cette démarche peut paraître très difficile, voire insurmontable pour certaines organisations mais il suffit d’un peu de bon sens et d’être dans une démarche d’amélioration continue pour réduire les impacts et rendre les produits plus durables », conclut Johanna Gdalia.

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